Texte remis à Bernard COMBES, attaché parlementaire de François HOLLANDE, accompagné d’un exemplaire du livre « Le Pacte naturel – Projet pour une Constitution républicaine écologiste » (éditions Sang de la Terre/Médial, avril 2012) lors de la réception d’une délégation du Collectif corrézien pour la sortie du nucléaire à Tulle, le 28 avril 2012.
On entend dire que la patrie est en danger ; que les français ont besoin de protection, qu’ils ont envie de sécurité : c’est vrai. En effet, nous ne savons pas quand ni où cela aura lieu, mais nous savons aujourd’hui une chose avec certitude, c’est qu’un accident nucléaire majeur va avoir lieu en France.
Avec plus de 50 réacteurs répartis sur tout le territoire, soit plus de deux par région, la France métropolitaine est à la merci d’une catastrophe naturelle engendrant le dysfonctionnement des installations nucléaires, mais aussi d’un accident technique ou humain, ou encore d’un attentat. Nous ne savons pas si cet accident se produira dans 2000 ans à Bure, dans 20 ans au Tricastin, dans 2 ans à Civaux, dans 2 mois à Fessenheim, ou demain matin à la centrale du Blayais. Nous savons seulement qu’en conservant ces installations, nous jouons avec le feu, et que notre prétention technologique, à la hauteur de celle qu’eurent les japonais jusqu’au 11 mars 2011, nous mène droit à l’accident majeur.
Demain, le chef de l’Etat aura donc pour tâche première non pas la gestion du parc nucléaire français, mais la suppression de ce risque apocalyptique.
Or, pour éviter cette catastrophe impossible à éviter, il n’existe qu’une solution : supprimer la cause du risque, c’est-à-dire fermer et démanteler les installations nucléaires françaises.
C’est pourquoi, conformément à la loi constitutionnelle pour une Autriche dénucléarisée, qui interdit le recours à l’énergie nucléaire sur le territoire de la République fédérale autrichienne, dont le texte est publié pour la première fois en France dans « Le Pacte naturel », je propose la rédaction d’une nouvelle Constitution républicaine interdisant cette source d’énergie en France.
La responsabilité du président de la République française, quel qu’il soit, sera dès demain sans équivalent dans l’histoire, car il aura le choix conscient entre la mise en danger de ses concitoyens par la poursuite de la politique nucléaire de la France, ou la protection du territoire et de ses habitants par la sortie du nucléaire.
Mise en danger de la vie d’autrui ou assistance à société en danger, voilà quel choix est aujourd’hui proposé au gouvernement de la France.
Jean-Christophe MATHIAS,
Auteur du « Pacte naturel »
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